HAITI
CHERIE
par Brigitte Venne
Extrait du journal Rayon de Soleil, décembre
1998
Comment résumer en une page tout ce
que ce pays représente pour moi? J'ai eu la chance de
connaitre Haiti à travers notre adoption, mes deux séjours
Ià-bas, mais aussi et surtout à travers la mission qu'à
vécue mon mari durant 6 mois à Port-au- Prince, en 1997.
Ce fut une expérience extraordinaire
qui nous a amenés à cotoyer un peuple très chaleureux.
Les gens sont accueillants malgré leurs batailles quotidiennes pour
vivre dans la dignité et la gaieté.
Imaginez le dépaysement :
-
une chaleur suffocante
-
des gens partout, partout;
-
des commodités pas très évidentes
: des habitations sans eau courante, sans électricité, sans
téléphone… tout ce qui est devenu essentiel dans les familles
québécoises…
"Quand je suis allée rejoindre mon mari
à son logement à Port-au-Prince, avec nos deux garcons, j’ai
gardé, les premiers jours, mes habitudes de femme québécoise
: douche matin et soir, serviette au lavage à chaque jour.
Imaginez ma stupéfaction quand j’ai vu les femmes de chambre laver
A LA MAIN toute la literie de tous les logements. Il va sans
dire que j’ai restreint l’utilisation de la literie au plus strict minimum!!!!
J"ai ainsi pris conscience de tout le luxe qui m’entoure ici au Québec!"
-
des enfants qui quémandent la bouteille
d’eau que mes enfants ont entre les mains!
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des enfants travaillant dans les rues : cireurs
de souliers, vendeurs, porteurs de paquets…
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des enfants en uniforme sur le chemin de l’école;
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des femmes travaillant avec leurs petits dans
leur dos;
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des travailleurs acharnés;
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des hommes armés;
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des poules, des coqs, des cochons… sur la route
nationale;
-
des tap-taps… sans freins bien souvent!
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des femmes faisant le lavage dans de petits cours
d’eau presqu’à sec;
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la magnifique maison présidentielle (quel
contraste avec la pauvreté environnante!);
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des artisans vendant leurs créations aux
touristes;
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Un hôpital général bondé
avec peu de ressources;
-
des lieux de travail inadéquats;
"Au poste de police où mon mari travaillait,
on retrouvait deux très petites cellules pleines de détenus,
un comptoir pour accueillir les gens, un dortoir pour les policiers qu’on
qualifierait ici d’insalubre."
Malgré cette réalité,
parfois effarante, le peuple fait preuve de beaucoup de courage.
Ils réussissent à vivre dans des conditions que peu
de québécois peuvent imaginer; leur réalité
est bien loin de la nôtre.
En six mois dans cet environnement, mon mari
a vécu plus d’expérience au niveau professionnel qu’en dix
ans de police au Québec.
Haiti, c’est un pays à voir, un peuple
à connaître!
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