HAÏTI

Christophe Colomb découvre Haïti en 1492.  Sous le joug des conquérants espagnols, les indigènes Arawaks tombent comme des mouches, victimes de mauvais traitements et de maladies.  Plus tard, des pirates francais aménagent des plantations dans l'ouest de l'île : la mainmise de la France sur Haïti dure de 1697 à 1804.  Un soulèvement inspiré par la révolte d'un esclave noir, Toussaint Louverture, mène le pays à l'indépendance.  Au cours de la seconde moitié du XXème siècle, la famille Duvalier instaure une dictature qui vide l'État de ses ressources.  A partir de 1986, Haïti prend une orientation démocratique, mais le pays reste surpeuplé, sous-industrialisé et endetté (voir photos).


Pays : Haïti.
Situation : État des Grandes Antilles occupant l'ouest de l'île du même nom
Superficie : 27 750 km2.
Population : 7 259 000 hab. (Haïtiens).
Capitale : Port-au-Prince.
Grandes villes : Cap-Haïtien, Gonaïves, Saint-Marc, Jérémie, Les Cayes, Port-de-Paix.
Régime : République.
Monnaie : gourde (1$ canadien vaut environ 35 gourdes)
Langues officielles : francais, créole.
Religions : catholique (80%), protestante (10%), autres (10%).  La majorité des Haïtiens pratiquent aussi le vaudou.
Relief : boisé et montagneux.
Climat : tropical.
Cultures : café, cacao, canne à sucre, sisal, riz, coton, mangue, plantain, patate douce, manioc.
Ressources naturelles : forêts (ébène et autres bois durs)
Exportations : produits manufacturés assemblés, café, sisal, ficelle, huiles essentielles, cacao.
Importations : produits manufacturés de base, denrées alimentaires, animaux d'élevage, machines et matériel de transport, produits pétroliers, produits chimiques.
Attraits touristiques : musée du Panthéon national, château d'Henri Christophe, place des Héros-de-l'Indépendance, cathédrale Sainte-Trinité, fort Saint-Jacques, palais Sans-Souci.  Des milliers de personnes visitent l'île chaque année.





UNE HAITI QU'ON A TENDANCE A OUBLIER
À force d'entendre, de lire, de voir,
de savoir et de vivre du négatif au sujet d'Haïti,
on finit par minimiser, oublier, annihiler
ce que ce coin de terre contient et recèle de positif.
C'est ce côté positif
qui explique l'attachement
non seulement des fils et des filles d'Haïti,
mais aussi des étrangers qui y ont vécu.
 

J'ai été un petit Haïtien, né comme la majorité,
dans une famille
dont le statut économique était précaire.
J'ai grandi dans un milieu
baigné d'affection, de simplicité et de moralité.
J'ai été presque constamment sous le gardiennage d'une famille élargie
qui englobait souvent les voisins et les amis.
La famille haïtienne est un rempart
contre tous les maux
et ses membres pratiquent une solidarité
à toute épreuve.
 

Son rôle dans la société est tel
qu'il devrait exister
dans toutes les villes
et tous les villages de ce pays
un monument à son héroïsme.
C'est une richesse naturelle
qu'on n'a pas réussi à enlever à ce peuple
et qui lui permet de tenir le coup à travers ses multiples épreuves.

La terre d'Haïti est généreuse.
Malgré les agressions de toutes sortes,
elle sait satisfaire ses enfants.
Sa production est nutritive et variée.
Dans les périodes de grande fertilité,
c'est un grand jardin verdoyant rempli de promesses fleuries.
En ces moments,
flâner à travers champs, hameaux, villages et villes
est un véritable enchantement.
Les aurores alanguies se laissent troubler
par les cocoricos dérangeants mais indispensables.
Les ciels clairs boivent goulûment
la rosée des matins rayonnants.
La clarté éblouissante des midis
chasse les ombres et invite à la sieste.
Les crépuscules rosés
font triompher le parfum enivrant des plantes
et la beauté souriante des gens
tandis que s'estompent les tracas et les laideurs.
La magie des soirées baignées de sons musicaux,
de rires et de palabres interminables
remplit à la fois l'espace lointain et l'espace proche.
Et c'est dans le decrescendo de cet enivrant concert
que le sommeil vous emporte profondément....
Jusqu'à ce que les appels des marchandes
et les clochettes des cireurs de chaussures
viennent saluer le lever du soleil.

L'activité quotidienne recommence.
À travers les rues des villes
et les sentiers des villages,
écoliers, étudiants, paysans et travailleurs
circulent dans toutes les directions.
Dans les entreprises, les bureaux et les services publics,
chacun accomplit honnêtement sa tâche
avec les moyens disponibles.
Au marché, les étalages exposent les fruits et les légumes
qui ont voyagé à dos d'animaux
ou sur les têtes de ces femmes vaillantes
qui ont pris parfois la route bien
avant le "devant-jour".
Les magasins et les boutiques offrent avec fierté
à la clientèle des marchandises de toutes origines.
Dans les campagnes, le paysan lance dans l'air matinal
les premières notes de ces mélopées héritées d'autrefois
qui vont accompagner son labeur journalier
sur la terre nourricière,
labeur qu'il sait dur mais utile et presque toujours bénéfique.
 

Il en est ainsi jour après jour.
La ruche bourdonne.
Chacun est à son poste et essie de bâtir le présent
afin de procurer un avenir
à soi et à tous les enfants de ce pays d'Haïti,
un petit coin de monde où le rêve commun
consiste à avoir un emploi, un métier
ou une propriété agricole suffisamment rentable
pour garantir à sa famille le pain quotidien,
un toit, l'instruction et la sécurité dans le respect et la joie.
 

Cette Haïti existe.
Je l'ai connue.
Respectueuse et respectable,
cultivant le sens de l'honneur, de la vérité et de la beauté,
elle vibre dans le coeur
de la grande majorité de la population.
Inoubliable et éternelle,
elle nourrit les espoirs des Haïtiens du Pays et de l'Étranger,
l'espoir de la voir un jour libérée de ses angoisses
et simplement heureuse de conserver et de revoir ses enfants.

Claude Bélizaire
12 décembre 1993
 



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